Communiqué de presse AIE/AEN
Paris, le 16 juin 2010

L’EXPANSION DE L’ENERGIE NUCLEAIRE : UNE CONTRIBUTION MAJEURE
A LA LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Presque un quart de la production mondiale d’électricité pourrait provenir du nucléaire d’ici 2050, lui donnant un rôle majeur dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est la conclusion principale de la Feuille de route des technologies énergétiques : énergie nucléaire (Nuclear Energy Technology Roadmap) que publie aujourd’hui l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et l’Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire (AEN). Une telle expansion nécessitera plus qu’un triplement des capacités de production sur les 40 prochaines années, un objectif que la feuille de route considère ambitieux mais réalisable.

Depuis le Forum sur le climat d’Asie de l’Est qui se tient à Séoul, le Directeur exécutif de l’AIE, Nobuo Tanaka, a déclaré : « L’énergie nucléaire est l’une des technologies-clés faiblement émettrice de carbone qui peut contribuer, avec l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la captation et le stockage du carbone, à la décarbonisation de l’approvisionnement en électricité d’ici 2050. » De son côté, le Directeur général de l’AEN, Luis Echávarri, a constaté que « Le nucléaire est déjà l’une des principales sources d’énergie à faible intensité en carbone aujourd’hui. Si les défis liés à un développement plus significatif du nucléaire peuvent être relevés, alors le nucléaire pourra jouer un rôle encore plus grand dans la réduction des émissions de CO2. »

La feuille de route conclut que le nucléaire est une technologie à maturité et à faible intensité carbone, prête à se développer rapidement dans les décennies à venir. Les dernières conceptions de réacteurs, à présent en construction dans le monde, s’appuient sur plus de 50 ans de développement technologique. La feuille de route note que ces conceptions devront démontrer au cours des prochaines années qu’elles sont des sources d’électricité fiables et compétitives si elles veulent constituer les principaux modèles susceptibles de contribuer à l’expansion du nucléaire après 2020.

Il n’y a pas besoin d’un saut technologique majeur pour atteindre le niveau de développement du nucléaire envisagé, ainsi que la feuille de route le constate. Néanmoins, une croissance rapide se heurte à des obstacles importants, dans les domaines politique, industriel, financier et en termes d’acceptation du public. La feuille de route trace un plan d’action fondé sur des mesures que les gouvernements, l’industrie et d’autres acteurs devront prendre s’ils veulent les surmonter. Un engagement politique clair et stable en faveur de l’énergie nucléaire, partie intégrante d’une stratégie énergétique globale constitue un préalable, de même que l’obtention d’une plus grande acceptation du public vis-à-vis des programmes nucléaires. Des progrès dans la mise en œuvre des plans de stockage de déchets hautement radioactifs seront également vitaux. Le système international de contrôle permettant d’éviter la prolifération des technologies et de matériels doit également être préservé et renforcé au besoin.

Le financement de la construction de nouvelles centrales nucléaires sera sans doute un défi majeur dans de nombreux pays. Dans certains cas, les États pourraient devoir soutenir les investissements dans le nucléaire à travers des mesures telles que les garanties de prêts, jusqu’à ce que les programmes soient pleinement consolidés. Les capacités industrielles et les ressources humaines qualifiées nécessaires à la construction, à l’exploitation et à la maintenance des centrales nucléaires devront également être accrues au cours des prochaines années si le nucléaire doit se développer rapidement.

À plus long terme, un développement continu des technologies des réacteurs et du cycle du combustible sera important pour maintenir la compétitivité de l’énergie nucléaire. Les technologies en cours de mise au point aujourd’hui et visant à la construction de la prochaine génération des systèmes nucléaires offrent potentiellement une amélioration en termes de durabilité, de rentabilité, de sûreté et de fiabilité. Certains modèles pourraient convenir à une grande diversité de localisations et à des applications non limitées à la production d’électricité, comme par exemple la fourniture de chaleur pour l’industrie. De tels systèmes pourraient contribuer à l’approvisionnement en énergie avant 2050.

La Feuille de route des technologies énergétiques : énergie nucléaire résulte d’un travail commun entre l’AIE et l’AEN et fait partie d’une série de rapports préparés par l’AIE en coopération avec d’autres organisations et l’industrie, à la demande du G8, exprimée lors du sommet d’Aomori (Japon) en juin 2008. L’objectif global est d’accélérer le développement et l’adoption de technologies-clés à faible intensité carbone, nécessaires pour atteindre une réduction de 50 % des émissions de CO2 d’ici 2050.

Les installations nucléaires au niveau mondial fournissent aujourd’hui 370 gigawatts électrique (GWe), soit 14 % de la production mondiale d’électricité. Dans le scénario de l’AIE prévoyant une réduction de 50 % des émissions de CO2 provenant du secteur énergétique d’ici 2050 (plus connu sous le nom de « scénario BLUE Map »), sur lequel s’appuie l’analyse de la présente feuille de route, le nucléaire s’accroit de 1 200 GWe d’ici à 2050, fournissant 24 % de l’électricité mondiale à cette date. La production mondiale d’électricité fait plus que doubler, partant d’un peu moins de 20 000 TWh en 2007 pour atteindre 41 000 TWh en 2050.

           

Le rapport ainsi que des informations complémentaires sont disponibles (en version anglaise seulement) sur : www.iea.org/roadmaps.

           

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Sylvie Stephan
Responsable, Service de presse
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