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Rapport annuel 2002 de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN)

Au service de la coopération internationale

Dans son Rapport annuel 2002 qui paraît aujourd'hui, l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) fait le constat que l'énergie nucléaire figure de nouveau à l'ordre du jour de la politique énergétique de plusieurs pays d'Europe et d'Amérique du Nord.

Plusieurs réunions de haut niveau, dont le Forum 2002 de l'OCDE, le Sommet mondial pour le développement durable et la Huitième Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP8), se sont penchées sur l'énergie nucléaire et le développement durable. L'Agence s'est appuyée sur les résultats de son étude L'énergie nucléaire et le Protocole de Kyoto et sur des travaux antérieurs pour alimenter la réflexion.

C'est dans ce contexte que plusieurs pays membres de l'OCDE ont manifesté un regain d'intérêt pour l'énergie nucléaire en laquelle ils voient un moyen de s'assurer un approvisionnement stable en énergie et de réduire leur dépendance à l'égard des importations de pétrole et de gaz, tout en luttant contre le changement climatique. À l'inverse, plusieurs pays européens ont avancé sur la voie de l'abandon de l'énergie nucléaire, à des rythmes variables et avec des horizons différents.

À la fin de l'année 2002, les pays de l'OCDE comptaient 362 tranches nucléaires connectées au réseau, assurant environ 24 % de la production d'électricité. Trois tranches nucléaires ont été mises en service : une en République tchèque et deux en Corée ; deux ont cessé de fonctionner au Royaume-Uni ; sept tranches étaient en construction : trois au Japon, deux en Corée et deux en République slovaque. Au cours des dix prochaines années, bien que l'on prévoie une augmentation de la production totale d'électricité dans les pays de l'OCDE, la part du nucléaire devrait diminuer lentement, en raison de la fermeture de centrales en fin de vie. La prolongation de la durée de vie de centrales et quelques mises en service devraient néanmoins compenser partiellement cette évolution.

Le rapport de l'AEN note qu'en général, la prolongation de la durée de vie et l'augmentation de la puissance des centrales nucléaires se sont révélées les moyens les plus efficaces, et souvent les moins coûteux, d'augmenter la production d'électricité sur les marchés libéralisés.

Dans une perspective plus éloignée, la communauté internationale a engagé des travaux devant conduire, à l'horizon 2030, au développement et à la construction de la quatrième génération de systèmes nucléaires adaptés aux besoins futurs de la planète. Cette année, l'AEN a apporté un appui technique pour l'élaboration de la feuille de route du Forum international Génération IV, qui recommande le lancement de programmes de R&D spécifiques à une filière et de programmes polyvalents.

Dans les pays de l'OCDE, la sûreté des centrales nucléaires reste excellente, comme le montrent de nombreux indicateurs publiés. Cependant, l'analyse de plusieurs incidents d'exploitation survenus en 2002 a révélé certains aspects à surveiller de près, notamment les changements organisationnels, les modifications des matériels, la perte d'expertise technique et la perte de la mémoire de l'entreprise. Parmi les sujets étudiés par l'AEN au cours de l'année, on retiendra les aspects réglementaires du démantèlement des réacteurs nucléaires, la communication avec le public, les indicateurs de la sûreté nucléaire et de l'efficacité des autorités de sûreté, la préservation des compétences en sûreté nucléaire, les agressions externes et les prescriptions réglementaires applicables aux réacteurs nucléaires de demain.

En radioprotection, l'AEN continue de participer à la définition de nouvelles orientations et méthodes pour le futur système international de protection radiologique, qui doit mieux répondre aux besoins des autorités de sûreté et des praticiens tout en intégrant le progrès scientifique, le jugement social et la gouvernance du risque. L'AEN a exposé son point de vue sur la question dans un rapport intitulé Vers un nouveau système de protection radiologique. Une réunion a été organisée avec la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) sur le thème de la « Protection radiologique de l'environnement : Vers une nouvelle politique ? » et une conférence régionale asiatique sur l'évolution du système de protection radiologique (Asian Regional Conférence on the Evolution of the System of Radiological Protection) s'est tenue à Tokyo, afin de recueillir des suggestions et des informations sur les préoccupations régionales et culturelles.

Au chapitre de l'implantation de dépôts de déchets radioactifs, plusieurs signes encourageants ont été enregistrés au cours de l'année, notamment en Finlande et en Suède, où se dessine une voie réaliste et pragmatique vers l'enfouissement définitif du combustible usé et des déchets de haute activité. Un événement marquant fut l'accord donné au mois de juillet par le Sénat des États-Unis pour la poursuite, à Yucca Mountain, au Nevada, du projet de dépôt géologique national destiné à accueillir ce type de déchets. L'AEN, avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a contribué à ce processus en organisant une expertise internationale de l'évaluation des performances sur laquelle s'appuie cette recommandation. L'AEN a organisé d'autres expertises de ce type à la demande de la Belgique, de la France et de la Suisse.

S'agissant des relations entre la société civile et l'énergie nucléaire, l'AEN a mené plusieurs activités convergentes. Elle a publié un rapport intitulé Société et énergie nucléaire : vers une meilleure compréhension, une analyse de la littérature et des recherches sur la perception et la communication du risque, ainsi que sur la participation du public aux décisions concernant des projets nucléaires. De même, sa contribution à la réflexion de la CIPR sur l'évolution du système de protection radiologique a été l'occasion de faire le tour de la question de la participation de la société civile aux décisions de radioprotection, y compris des divers modes de concertation. Dans le domaine de la gestion des déchets radioactifs aussi, l'AEN a analysé la question de la confiance du public lors d'une série d'ateliers organisés sous l'égide de son Forum sur la confiance des parties prenantes. Le troisième atelier a eu lieu au Canada. Un document d'information sur l'expérience des pays membres en la matière a été rédigé.

Le Rapport annuel 2002 de l'Agence pour l'énergie nucléaire est disponible gratuitement en ligne à l'adresse suivante : http://www.oecd-nea.org/html/pub/annual-report-fr.html ou, dans sa version papier, sur demande adressée au Bureau des publications de l'AEN, Le Seine St Germain, 12 boulevard des Iles, 92130 Issy-les-Moulineaux, France (neapub@oecd-nea.org).

Mme. Cynthia Gannon-Picot
Chef par intérim, Relations extérieures et relations publiques
Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire (AEN)
Tél. : +33 1 45 24 10 10
Fax : +33 1 45 24 11 10
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Website: www.oecd-nea.org