Succès d'une expérience internationale destinée à limiter les conséquences d'un acciden nucléaire grave


Le 17 septembre 2002 s'est déroulé avec succès à l'Institut Kourtchatov de Moscou un essai à grande échelle de fusion de matériaux représentatifs d'un cœur de réacteur à eau légère, dans le cadre du Projet MASCA lancé sous les auspices de l'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN). Faisant suite au Projet Rasplav, ce projet concerne l'étude des phénomènes qui se produisent dans un bain fondu contenant des matériaux représentatifs d'un cœur de réacteur. Il a été conçu pour vérifier que les résultats obtenus peuvent non seulement s'appliquer aux réacteurs exploités dans les pays membres de l'AEN aussi bien qu'aux réacteurs à eau sous pression de conception russe (VVER) mais être utilisés pour la conception de réacteurs avancés.

Au cours de l'essai, les matériaux du cœur ont été portés à des températures supérieures à 2000°C dans des conditions contrôlées. L'acier a été introduit après la fusion des matériaux, puis l'essai a été prolongé une demi-heure le temps d'atteindre un régime permanent. Tous les systèmes techniques et de mesure ont fonctionné normalement. A l'issue de l'essai, les matériaux solidifiés seront d'abord découpés puis soumis à des contrôles métallographiques. Des essais effectués précédemment dans le cadre du projet MASCA avaient révélé des phénomènes physico-chimiques complexes. Les informations recueillies lors de ces essais ont permis de prévoir avec exactitude le comportement du bain fondu pendant le dernier essai. Tous les grands organismes spécialistes de la sûreté nucléaire des pays de l'OCDE utilisent les résultats de ce projet pour affiner les codes de calcul dont ils se servent pour évaluer les conditions dans leurs réacteurs de puissance. Une conférence sera organisée en France en 2004 pour présenter les résultats.

MASCA est le dernier maillon d'une chaîne de projets internationaux entrepris pour peaufiner les stratégies destinées à préserver l'intégrité des cuves de réacteur dans l'éventualité, hautement improbable, d'une fusion du cœur. Préserver l'intégrité de la cuve sous pression d'un réacteur permet en effet d'éviter la libération de substances radioactives dans l'environnement lors de ces accidents, dont la probabilité est estimée à moins de 1 sur 10 000 années d'exploitation.

Le Projet MASCA réunit 16 pays membres de l'AEN et la Russie. Y participent en Russie l'Institut Kourtchatov, le Ministère russe de l'énergie atomique, le Ministère de l'industrie, de la science et de la technologie et l'Autorité fédérale de sûreté nucléaire et radiologique de Russie. Le Projet MASCA est un grand projet international de recherche sur la sûreté des réacteurs nucléaires qui a été lancé en juillet 2000 et doit prendre fin au mois de juin 2003. Les expériences sont réalisées à l'Institut Kourtchatov ; l'Institut de sûreté nucléaire (IBRAE) de l'Académie des sciences russe effectue le travail analytique. D'autres organisations de la région de Saint-Pétersbourg sont responsables de la conception et effectuent une partie des essais.

Mme. Cynthia Gannon-Picot
Chef par intérim, Relations extérieures et relations publiques
Agence de l’OCDE pour l’énergie nucléaire (AEN)
Tél. : +33 1 45 24 10 10
Fax : +33 1 45 24 11 10
E-mail: 
Website: www.oecd-nea.org

 

Liens

(en anglais)

NEA Nuclear Safety programme

Masca project